Comprendre les interventions psychologiques

Expliquer le rationel des interventions psychologiques

Changer des habitudes et automatismes de pensée n'est pas facile

Développer de nouvelles habitudes de pensée n'est pas facile. Fort heureusement, lorsque changer fait du sens ou lorsque le changement est devenu indispensable, tout apprentissage est possible. Apprendre à reconnaître des pensées et à les gérer n'est pas trop différent d'apprendre à conduire. Il s'agit d'y mettre assez d'effort, de persévérance et surtout de pratique, en plus d'user de stratégies, d'accompagnement et de renforcements. Éventuellement, une nouvelle façon de penser et de nouveaux automatismes cognitifs/psychologiques plus adaptés s'installeront.

Redécouvrir les aspects positifs de la psychose pour mieux gérer les symptômes et mieux accepter la condition

L'apparition d'un état psychotique et la "prise en charge" par le système de santé garantit souvent la polarisation des conversations autour des aspects négatifs liés à la condition: "quels sont tes symptômes?, qu'est ce qui te stresse? qu'est-ce qui te dérange? Qu'est-ce qui t'empêche de fonctionner?" La démarche d'évaluation et de suivi classique selon la philosophie médicale est qu'il faut éliminer ce qui est "pathologique" et qui a fait obstacle au bien-être du patient. Ceci est évidemment indispensable durant la phase aiguë de la maladie, mais est moins utile et parfois même délétère lorsque cette philosophie ou cet objectif d'éradication des symptômes est appliqué à tout le suivi.

En effet, le risque est d'infuser au patient à la longue l'idée que leur façon d'être particulière, leurs pensées et automatismes mentaux (interprétations particulières, hallucinations, etc) sont mauvais... mais est-ce vraiment le cas? Et si ces automatismes mentaux étaient vus comme une "muse" pour les patients, une génératrice intarissable d'inspiration et d’émerveillement en autant que ces expériences ne sont pas négatives et ne vont pas à l'encontre des valeurs de la personne? Ceci n'est possible que si l'équipe de soins et l'entourage de la personne croient en une telle possibilité et cette perspective. Il s'agit ensuite d'inculquer, de faire diffuser cette pensée qu'il y a quelque chose de bon à avoir des "aptitudes" (et non pas un "fragilité") à la psychose.

Pour y arriver, nous proposons souvent aux patients de prendre le temps de redécouvrir les aspects positifs de leur vécu psychotique. Voici un exercice:

D'où viennent mes pensées, mes réactions, mes comportements, mes symptômes...?

Comment entrainer le cerveau à penser autrement?

Il y a des moyens pour se désensibiliser des ses symptômes/expériences inhabituelles. Ainsi si tu étais effrayé, tu peux maintenant en rire!

Le premier élément thérapeutique c'est de dévoiler tes symptômes et préoccupations aux professionnels expérimentés dans le domaine. Garder ses malaises pour soi, c'est maintenir une détresse qui ne cessera de grandir et te ronger. Partager son mal-être avec un professionnel que tu sais pourrait t'aider en plus de maintenir la confidentialité, c'est te libérer et te permettre de te sentir immédiatement mieux. En effet, moins qu'une pensée/idée est exprimée, plus qu'elle obsède!

Comment changer, comment s'activer?

Pour changer, il faut une raison de changer. Une bonne raison de changer est donc le stress: le stess d'une situation qui n'est plus tenable, qui ne peut plus être controlé ou géré comme dans le passé, un stress qui ne peut plus être mis de côté, évité, surlequel on ne peut plus procrastiner, etc...

    • Exemple courant de procrastination: achat de cadeaux de Noël, les déclarations d’impôts à la dernière minute...


Plus que les pensées sont réprimées, plus qu'elles reviennent à l'esprit

Stress et activation