Antipsychotique, grossesse et allaitement

Allaitement


Étude de cas de Mme DESP: patiente de 30ans avec la schizophrénie avec symptômes résiduels x 10 ans, enceinte de 37 semaines, sur Abilify 20mg et Trinza 350mg IM Q3mois.


Selon l’article de 2015:

Larsen, E. R., Damkier, P., Pedersen, L. H., Fenger-Gron, J., Mikkelsen, R. L., Nielsen, R. E., . . . Danish Society of Clinical, P. (2015). Use of psychotropic drugs during pregnancy and breast-feeding. Acta Psychiatr Scand Suppl(445), 1-28. doi:10.1111/acps.12479


  • Olanzapine: Can be used. RID is below 2%, and no side-effects have been described in nursed children.
  • Quetiapine: Can be used. RID is below 1%, and side-effects in nursed children are not reported.
  • Aripiprazole: Can be used. RID is below 1%, and side-effects in nursed children are not described.
  • Risperidone: As a rule, not recommended. RID is between 3 and 9%.
  • Paliperidone: Not recommended due to insufficient data.

Selon Mother Risk (1-877-439-2744):

  • Pas de contra-indication pour l’un ou l’autre des médicaments, soit son Abilify 20mg ou Trinza 350mg IM Q3mois. Ils se basent sur la proportion arbitraire de 10% de transfert d’une substance au lait maternel pour trancher :
    • Abilify : 6,4%
    • Risperdal: moins de 10%
  • Pas beaucoup d’études sur le Invega Sustenna. C’est aussi la seule selon sa base de données pour la quelle on a consulté à propos du Trinza qui est trop récent (x 1an), mais rappelons que le Sustenna ou Trinza sont simplement la forme injectable de la paliperidone qui est un métabolite actif du risperdal. Donc, il semble logique que cette forme « purifiée » du risperdal devrait transférer encore moins dans le lait maternel que le risperdal.
  • Risques à observer selon Mother Risk, le pédiatre peut adapter le suivi en conséquence selon la survenue de ces symptômes chez le bébé :
    • Sédation
    • Gain de poids
    • Irritabilité
    • Difficulté de lactation/d'alimentation par le bébé
  • Références provenant de Mother Risk


Au final :

  • Je vais revoir la patiente le 12 septembre 2018. D’ici là je pense que Dominique tu peux déjà réassurer la patiente. S’il y a un doute ou une réticence de sa part, pas d’urgence, je peux lui en reparler le 12 sept. Mon opinion est par contre déjà clair à la lueur de ces informations et de ma connaissance de ses antécédents psychiatriques. La balance risque/bénéfice est clair : je suis +++ en faveur du maintien du traitement actuel.


Inquiétude à propos de l’arrêt possible de la production de lait chez la patiente si elle continuait l’Abilify:

Ceci m’étonnerait beaucoup mais je comprends la logique car l’abilify est souvent utilisé comme « antidote » à l’hyperprolactinémie causé quasi uniquement par le risperdal/invega. L’Ability est appellé « un agoniste partiel de la dopamine », la dopamine étant un frein à la production de PRL. Or il peut s’agir d’une appellation un peu trompeuse, il faut surtout voir l’Abilify comme un « antagoniste partiel de la dopamine ». Le médicament est d’abord et avant tout un antipsychotique donc ne peut pas « trop donner de dopamine » sinon nos patient serait en psychose! N'étant pas plus agonisque que antagoniste de la dopamine, il ne devrait pas freiner la production PRL. J’espère que ça clarifie.